Le refus de corrélation : cum hoc ergo propter hoc

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Le refus de corrélation est le sophisme qui consiste à admettre une causation trop hâtivement pour faire pencher l’argumentaire en sa faveur. C’est un sophisme qui saute une étape dans le raisonnement logique (il saute la preuve nécessaire de la causation).

Voici un exemple de refus de corrélation :

Julie explique que son chat Pupuce se lève toujours avant le soleil, et que donc c’est Pupuce détermine l’heure à laquelle le soleil se lève tous les jours pour l’ensemble des habitants de la planète. Patrick rétorque que les deux événements n’ont absolument rien à voir, et donc Julie a faux.

 

Reconnaître un refus de corrélation

Le terme refus de corrélation peut porter à confusion. Il s’agit de refuser la possibilité d’une simple corrélation (deux événements A et B sont simultanés) en faveur d’une causation (l’événement A cause l’événement B).

Le refus de corrélation ne veut pas dire qu’une corrélation est incorrecte, mais qu’une causation est incorrecte. C’est un terme qui peut paraître trompeur : c’est l’argument qui refuse d’être simplement corrélé, et qui est trop hâtivement classé comme une causation.

Dans l’exemple Julie pense que l’heure de lever du soleil est directement déterminée par l’heure du lever de son chat. Même si les deux événements sont peut-être liés (le chat se lève toujours avant le lever du soleil pour aller chasser par exemple), on se rends bien compte qu’ils ne sont pas liés de la manière dont Julie le pense.

Un refus de corrélation est facilement repérable. Quand deux faits sont liés sans même prendre le soin d’expliquer raisonnement qui les lie il y a de fortes chances que ce soit un refus de corrélation. Il suffit alors de poser une question afin d’éclaircir la situation comme pourrait le faire Patrick : Comment un chat pourrait-il influencer l’orbite du soleil ?

 

Utilisation légitime du refus de corrélation

Le refus de corrélation n’est jamais légitime dans un débat logique car il saute une étape (justifier la causation). En revanche un refus de corrélation peut amener à se pencher sur deux événements corrélés.

Parfois il est possible qu’un refus de corrélation permette d’obtenir une conclusion juste. C’est parce que certaines corrélations sont de véritables causations. Il n’empêche que si la causation n’est pas clairement expliquée alors il vaut mieux le faire que d’admettre une causation simplement car deux événements sont corrélés (c’est plus prudent).

On peut aussi choisir d’admettre une causation comme étant juste pour baser son raisonnement logique tout entier dessus. Dans ce cas la il s’agit d’un refus de corrélation volontaire, donc ce n’est pas vraiment un sophisme (ce n’est pas utilisé pour tromper). Il convient tout de même de prouver plus tard la causation sous peine de voir son raisonnement tout entier s’effondrer à cause d’une fausse causation.

 

Variantes de ce sophisme

Confondre deux événements simultanés dans le temps avec une relation de cause à effet : argumentaire post hoc lien tk

Faire un rapprochement entre deux choses sans rapports réel : un amalgame lien tk

Inverser le sens de la causalité à partir d’une corrélation : confondre la cause et l’effet lien tk


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